03 mai 2006
Merci ...
1) comme je le pressentais, ce blog ne m'apporte pas de plaisir.
Je n'aime pas parler de moi.
Je suis sociable, j'aime écouter les autres, mais je n'aime pas parler de moi.
2) comme je le pressentais, et ce malgré le peu de mots que j'ai pu livrer ici, ce blog m'a coupé d'un de mes buts. Un objectif très important pour moi.
J'écris un roman (que je ne brûle pas chaque mois !).
Je n'arrive pas à m'investir dans plusieurs choses à la fois et le fait de faire l'une exclu l'autre.
C'est bête, mais c'est ainsi.
J'ai choisi.
J'ai malgré tout apprécié vos commentaires, souvent intéressants.
Je continuerai sans doute à en laisser sur les vôtres.
Merci.
30 avril 2006
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28 avril 2006
Que ceux qui n'ont pas d'imagination ...
Une grande partie des gens mènent une vie que jugent normale tous ceux qui n'ont pas d'imagination.
Vu
de l'extérieur, la vie d'une personne ne peut être analysée comme
normale, banale, plate, ennuyeuse ou au contraire exaltante ou
romanesque.
Et je fais abstraction même des jardins cachés, soustraits à notre regard par pudeur ou indifférence.
Même
si je pouvais suivre seconde après seconde le déroulement de la vie
d'une personne, je ne pense pas être en mesure d'évaluer le poids de
ses émotions et de sa vie intérieure.
L'imagination transcende la normalité.
Non ?
27 avril 2006
La morale
Il y a quelques années, j' exécrais la morale et les usages communs.
Ils n'étaient pour moi qu'incarnation flagrante d'une impossibilité de réfléchir et de bâtir soi-même ses propres jugements.
Ainsi,
je les associais à l'immobilisme et à l'étroitesse d'esprit qui ne
peuvent engendrer qu'incompréhension entre les générations.
Aujourd'hui, et chaque jour un peu plus, je retourne cette pensée entre mes doigts, la soupèse et la contemple avec intérêt.
Et si la morale et les usages communs manifestaient une raison et un sens qui méritaient d'être considérés avec sérieux ?
26 avril 2006
En fin de moi ...
A la fin du mois, je jetterai les pages de ce blog dans l'évier
strié de veines noires, je l'aspergerai d'un peu d'alcool et j'y
mettrai le feu.
Je regarderai alors se consumer les pages virtuelles comme celles, réelles, qui les ont précédées.
Les raisons - Episode 3
Je dirais même que la simple idée d'envisager une relation avec une autre femme qu'Elisabeth provoquait un dégoût de moi-même.
Elisabeth me correspondait en tous points.
Elle en très peu.
Ma raison refusait cette relation avec véhémence, mais elle ne contrôlait pas mes émotions.
Chaque
jour, ma raison se trouvait humiliée, réduite à l'état d'insignifiance
par une passion qui ne connaissait aucun obstacle, ni aucun interdit.
Pourquoi étais-je aussi lâche ?
Pourquoi n'arrivais-je pas à imposer mes choix ?
Pourquoi concilier raison et amour vrai m'était-il impossible ?
Ainsi,
j'étais poursuivi par les mauvais dons et les amours nuisibles qui
chacun me tiraient vers un trou sombre où je ne voulais pas tomber et
vers lequel j'avançais pourtant.
Ma volonté est-elle si faible ?
Je
ne voulais pas vivre des amours médiocres, ou d'autres, intenses et
courts qui, parce qu'on les appelle passions, semblent à beaucoup
supérieurs aux autres.
C'est un leurre!
Un leurre !
Elisabeth était depuis 7 ans un amour parfait.
Avec des nuages parfois.
Bien sûr.
Mais avec Elisabeth, vieillir ne me faisait plus peur.
La passion à côté, quelle pitrerie.
Seulement, je n'y arrivais pas.
Chaque
heure se développait un peu plus dans ma tête un cancer de pensées. Un
cancer envahissant qui étouffait tout le reste, me faisant paraître
absent aux autres.
Comme si j'étais déjà dans une autre vie.
Avec une autre femme.
C'est pour ça que je suis parti. Après 1 an. Précipitemment.
Il est vrai que je n'ai pas choisi la voie de la facilité.
Je me rends compte aujourd'hui qu'un autre chemin eût été possible.
Plus court.
Plus escarpé.
Infiniment plus dangereux.
25 avril 2006
Les raisons - Episode 2
Tout ce qui d'habitude provoquait chez moi sourire et indifférence, Elle l'avait en elle.
Elle était extrêmement soucieuse de son apparence. Caricaturale même.
Elle
parlait beaucoup, avec une intonation suraiguë qui portait très loin,
aussi loin certainement qu'elle voulait étendre son influence.
Elle
était inculte, n'ayant lu que quelques classiques sous la contrainte
scolaire et n'attachant à cet art mineur qu'un intérêt de vernis.
Elle m'envoyait des mails de quelques mots , jonché de fautes de grammaire.
Les seules affinités que nous avions étaient dues à ma volonté d'en avoir.
N'en ayant trouvé aucune naturellement, je les avais créées spécialement pour l'occasion.
Et en bon professionnel, je m'étais documenté.
Ainsi
avaient germé là un intérêt pour le stylisme, ici un autre pour la
décoration et là-bas, tout là-bas, un autre encore pour les accidents
de voiture (eh oui, c'était sa spécialité, que voulez-vous).
J'étais devenu intarissable sur les créateurs, les coupes de vêtements et les défilés de mode.
Une autre caractéristique importante de notre relation était l'écoute.
La mienne bien entendu.
Je
pouvais l'écouter, sans l'entendre vraiment, se plaindre pendant des
heures de ses collègues de bureau, de la méchanceté de son chef de
service ou d'autres menues déconvenues qui, dans sa bouche,
prenaient l'allure de catastrophes planétaires.
Elle pleurait presque tous les jours.
Parce
qu'en fait, rien ne l'intéressait plus qu'elle même, ce qui est somme
toute une caractéristique assez répandue chez l'espèce humaine.
Alors qu'ai-je fais au bout du compte ?
Ai-je essayé de la séduire, de l'impressionner ?
Non, je n'ai rien fait, rien montré.
Rien qui aurait pu éveiller le moindre soupçon chez elle.
Et la raison en est bien simple: je ne voulais pas d'une telle relation.
24 avril 2006
Les raisons - Episode 1
Je suis parti à cause d'une femme.
A CAUSE et non POUR une femme.
La
première fois que je l'ai vue, elle était vêtue d'un jean, d'un T-shirt
imprimé d'une reproduction de Kandinsky et d'une veste noire.
Il faisait chaud.
C'était
il y a quatre ans et je me souviens pourtant des moindres détails. Ses
longs cheveux noirs, soigneusement partagés en deux rives jumelles, lui
donnaient un air de Geisha mystérieuse.
Je ne pense pas oublier un jour cet instant.
J'ai rêvé d'elle chaque jour pendant un an.
Quand
j'étais éveillé, quand je travaillais, quand je plaisantais, mon
cerveau était compartimenté, séparé par une cloison étanche.
D'un côté s'écoulait le quotidien, lisse, rassurant, ennuyeux presque à force d'être prévisible.
De l'autre, il y avait Elle. En permanence.
Lorsque
je la rencontrais, fortuitement ou parfois suite à un hasard provoqué,
je ne laissais rien paraître. Nous parlions de choses futiles,
tellement étrangères à mon monde intérieur.
Elle était superficielle. Tellement superficielle.
Pourtant,
il suffisait que j'entende le bruit de ses escarpins résonner sur la
dalle de l'entrée pour que mon coeur accélère sa course.
Comme s'il s'agissait d'une action mécanique.
Une hypothétique relation avec elle était vouée à l'échec.
Je l'ai su dés les premières semaines.
22 avril 2006
" Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence, et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice."
Racine
21 avril 2006
J'ai fini d'écrire les trois posts à venir.
J'y explique les raisons de mon départ, de ma fuite.
Malheureusement, la condition préalable à leur publication n'est pas encore complètement remplie.